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En guise de post-scriptum

Parce que cette chanson et sa vidéo ont pour moi plein de résonances, pour diverses raisons… Et que certains soirs de fête nationale, on se sent un peu beaucoup citoyenne du monde, en fait.

Pour le plaisir…

Et parce que c’est l’humeur du jour.

(Chanson signée qui vous savez, bien sûr. Vidéo: un certain Bardotiano sur YouTube, apparemment.)

Ces autres «11 septembre» qui ont marqué l’histoire

Oui, bien sûr, c’est aujourd’hui qu’on commémore (?) l’attentat meurtrier sur New York. Ou du moins, on honore la mémoire des victimes, et on se lamente sur les répercussions que cela eut dans le monde. C’est aussi le jour où l’on peut s’employer à décrasser la cervelle aux conspirationnistes. Non mais.

Mais il y a d’autres «11 septembre».

Celui de 1973, au Chili, vous vous souvenez? (Moi pas, remarquez. J’avais quatre ans, et j’entrais en maternelle. Mais passons.) La mort d’Allende, la fin d’une expérience démocratique et sociale et le début d’une sinistre dictature — qui eut l’intéressante distinction d’être courtisée aussi bien par Margaret Thatcher que par Mère Térésa: ah, les «étranges compagnons de lit» qu’engendre la politique…

Et puis, comme le rappelle plaisamment Guy Birenbaum, il y a le 11 septembre 1962, quand les Beatles, qui n’étaient pas encore les Fab Four, ont finalisé leur premier single!

Ah, là, au moins, on a un événement immortel, m’sieurs-dames.

Souvenirs inopinés

J’avais quelques chansons de Brassens dans la tête, hier. On se doute pourquoi. Mais au détour de YouTube, je suis tombée sur celle-ci:

Putain de toi. Georges Brassens, les chats perdus, une femme de même… Des mots et des choses. Un sourire qui court parmi les notes de musique.

Et puis le choc de l’émotion.

Souvenirs…

Il faut savoir que ma mère aimait beaucoup les chansons de Brassens. C’est peu de le dire. Ses cassettes tournaient quasiment quotidiennement à la maison, quand j’étais gosse, en alternance avec Montant, Brel, Félix Leclerc, et bien sûr France Inter aux heures canoniales (pardon, celle des infos).

Il faut aussi savoir que j’ai perdu ma mère en mai dernier. Vous vous souvenez d’un billet intitulé «Ma vie n’est pas un roman»? Je venais d’apprendre la nouvelle et me préparais à sauter dans le train.

Je n’ai pas voulu en parler à ce moment. Trop tôt. Trop sensible. Et puis les circonstances étaient compliquées, vu les relations dans la famille. Pendant quelques semaines, j’ai eu du pain sur la planche avec les pompes funèbres, l’administration, les gens à prévenir… Et avec tout ce que cela changeait pour moi. Pour nous tous.

Mais en ce moment, je découvre que je ne peux pas entendre certaines chansons de Brassens sans pleurer. Celles qui figuraient sur les cassettes de maman.

Et la madeleine de Proust n’est plus seulement de la littérature.

«Pour la mousique»

Ne me parlez pas de la Fête de la Musique. (Et parlez moi encore moins de son nouvel intitulé à l’impératif catégorique.)

La musique, je sors d’en prendre. Dans le métro. Enfin, si on appelle cela de la musique…

Il y a plusieurs types de musiciens du métro à Paris. Certains sont vraiment doués, d’autres font ça comme on va pointer, et un petit nombre est vraiment (mais alors vraiment) exécrable. À croire qu’il y a un grain de vérité dans la caricature du gars qui fait la manche en jouant d’un instrument jusqu’à ce qu’on lui donne de l’argent pour aller ailleurs.

C’est seulement la dernière catégorie que je trouve pénible.

Oh, il y a pas mal de musiqueux besogneux dans les transports urbains de Paris, des gens qui donnent l’impression d’avoir reçu le matin un accordéon et un ticket de métro, et débrouille-toi pour ramener le fric à la fin de la journée. (Oui, ceux-là ont généralement un accordéon. Et parfois une sono portable, ce qui aide à entretenir l’illusion. Encore un exemple de la technique venant en aide à l’humanité, j’imagine.)

Bon, ce n’est peut-être pas fort virtuose, mais c’est de la musique, quoi. La mélodie est reconnaissable, le rythme assez régulier pour aider plutôt qu’entraver la prestation, bref ça meuble cinq minutes de métro.

Quand on a affaire à un gars vraiment mauvais, cependant, du genre tellement mauvais qu’il ne se rend pas compte qu’il est mauvais (effet Dunning-Kruger, es-tu là)…

Le genre non seulement qui joue faux, qui massacre les mélodies non pas l’une après l’autre mais en en mélangeant deux ou trois à la fois, et en plus qui est infichu de garder à peu près le rythme, mais s’arrange pour être en permanence ou presque à contre-temps.

Si, si, tout ça à la fois. Et sur un accordéon des plus cheapos, évidemment.

(Que dis-je, c’est à l’accordéon, ce qui est déjà un facteur aggravant. À mon peu humble avis. Vu qu’il est difficile d’être mélodieux à l’accordéon, voire de produire avec autre chose que de la muzak.)

Là, ça donne plutôt des minutes qui durent des heures.