Archives du Tag: Histoire

Épique: plus de 1000 ans d’histoire d’Europe en accéléré

Émergence et déclin des empires: Byzantins, Ottomans, Habsbourg, Soviets; émiettements, puis regroupements périodiques des petites nations… Le ballet des frontières de l’Europe en mouvement, de l’An Mil jusqu’aux guerres de du Kosovo et de Tchétchénie, en juste 3 min 24 de vidéo. Attention les oreilles, musique à l’avenant!

(Voir aussi la version longue de 11 minutes, en HD, avec indication des années et annotations.)

Source: @Desirade pour le lien. ;)

C’était l’anniversaire de… Neptune. Oui, c’est aussi un 14 juillet que l’astronome Johann Gottfried Galle a observé pour la première fois la planète Neptune, il y a 165 ans. [Màj: En fait, le 14 juillet est l’accomplissement d’une année neptunienne … Lire la suite

Les empreintes ADN de la Peste Noire

C’est l’étalon-or des fléaux, la mère de toutes les pandémies, l’épisode qui a donné au mot “peste” toutes ses sinistres résonances… C’est la Peste Noire, celle qui ravagea successivement l’Asie et l’Europe au milieu du XIVe siècle, tuant chez nous entre 30% et 50% de la population.

Évaluations données à la louche, évidemment. Il y a beaucoup de choses que l’on discute encore à propos de cette pandémie, mais l’une d’elles vient cependant d’être élucidée, grâce aux travaux d’une équipe internationale et interdisciplinaire, mais essentiellement européenne (Cf. l’article signé par Stephanie Haensch et al. dans PLoS Pathogens, dont j’ai trouvé la référence grâce au blogue de Jerry Coyne): l’agent infectieux était bien le bacille Yersinia pestis, une charmante petite bactérie véhiculée par les puces des rongeurs, et susceptible, dans certaines conditions, d’infecter aussi l’être humain. (Tant pis pour notre ego, d’ailleurs: les rats sont bien les victimes préférées de ce germe pathogène, et nous autres figurons surtout comme “victimes collatérales”!)

On avait déjà isolé l’ADN de Y. pestis dans une fosse commune contenant les restes de victimes de la peste de Marseille des années 1720 (la dernière grande épidémie de peste à avoir frappé l’Europe). Avec un résultat similaire obtenu pour des charniers associés à la Peste Noire médiévale dans différentes parties d’Europe, voilà qui confirme le rôle éminent joué par cette bactérie dans l’histoire.

C’est déjà passionnant en soi. Mais j’avoue que cette histoire d’ADN microbien isolé dans des charniers médiévaux me titille le sens littéraire… C’est un peu le scénario utilisé par Connie Willis dans Le Grand Livre, au fond! Bon, d’accord, vous me direz que contrairement à certain épisode du roman, il a fallu pas mal de travail pour récupérer et amplifier les fragments d’ADN, justement… Ah, la différence entre science et fiction!

Brèves de guichet: la journée du patrimoine

Cette année, j’ai sacrifié au rite des journées du patrimoine, alors que je me trouvais dans la région de Bordeaux, avec des amis. Parmi nos visites, les jardins du château de Vayres, qui valent bien le détour. Comme beaucoup de ses pareils, c’est un peu l’abrégé en pierre de l’histoire de France: Moyen-Âge, Guerre de Cent ans, Renaissance, Fronde, etc.

Château de Vayres (Gironde), habité à l'année par...... on Twitpic

Nous apprenons que le château est toujours habité, et toujours entre des mains privées, mais sans plus de précisions, et la curiosité nous fait essayer de tirer les vers du nez au jeune homme qui officie à la vente de billets.

«Qui donc habite le château à l’année», demandons-nous? (Nous croyons jouer très fin en ne demandant pas de but en blanc qui est propriétaire de ce luxueux tas de pierre. Le pays de l’argent a ses pudeurs, on le sait bien.)

La réponse vient du tac au tac:

«C’est moi!»

Ah, ha! C’est donc lui le gardien, et discret sur son employeur, semble-t-il. Pas fou. Et il est clair qu’il suit la consigne.

Force nous étant d’être plus explicites, nous demandons qui est le proprio, mais n’obtenons que cette description: un grand banquier d’affaire français. Voilà, voilà. Le château d’Henri IV et des comtes de Foix appartient bien à la nouvelle aristocratie… Mais aujourd’hui comme hier, ce sont avant tout des employés qui y résident.

Rien de nouveau sous le soleil de France.

Enseigner l’histoire d’Afrique? Pas de ça chez nous!

Le rétrogradage général se poursuit bien, merci. Les nostalgiques de «l’Instruction publique», cuvée IIIe République (N.B. En plus, ils semblent ignorer qu’on parle de l’Éducation nationale, aujourd’hui… Vous avez dit retardataires?), sonnent le tocsin: on va confusionner nos chères têtes blondes en leur enseignant l’histoire d’autres pays que le leur! Et pourtant! Leur référence revendiquée, Marc Bloch, n’avait-il pas écrit:

«Je ne crois nullement plus difficile d’intéresser un enfant aux vicissitudes d’une technique, voire aux apparentes étrangetés d’une civilisation ancienne ou lointaine, qu’à un changement de ministère».

Surtout l’Afrique, bouh là là, et si ça venait donner des idées aux jeunes noirs et noires de France? L’idée, par exemple, que le continent de leurs ancêtres est aussi digne d’intérêt que leur continent de résidence… Ou même qu’il n’est pas nécessaire de se faire baptiser, comme Clovis, pour devenir français?

En somme, «le drame de l’Homme africain, c’est de ne pas être encore assez entré dans l’histoire»… de France!

Bon. Et si on mettait plutôt les réacs au piquet (comme le proposent sur Médiapart une prof de lycée et deux historiens, membres du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire) et qu’on évitait de politiser l’enseignement de l’histoire?

Suggestion révolutionnaire, évidemment.