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En guise de post-scriptum

Parce que cette chanson et sa vidéo ont pour moi plein de résonances, pour diverses raisons… Et que certains soirs de fête nationale, on se sent un peu beaucoup citoyenne du monde, en fait.

Fête nationale – une bande son très personnelle

D’abord, un classique qui va toujours bien…

Un autre, qui se pose un peu là vu l’actualité nucléaire. Ahem.

Et puis tiens, la Marseillaise selon Django Reinhardt, ça c’est de « l’intégration », mes chers petits fans de l’identité – prétendue – nationale!

Allez, je vous laisse, et je m’en vais m’occuper de mes travaux d’écriture (ou sinon je ne l’écrirai jamais, ce deuxième roman).

Cheers, ciao, hasta la vista et toute cette sorte de choses. ♥

Fin (pour le moment)

N’y allons pas par quatre chemins: oui, je sais, cela fait plus d’un mois que ce blogue n’a plus été mis à jour. Et non, hélas (ou tant mieux? c’est selon), il ne sera probablement pas réalimenté de sitôt.

Pourquoi? Oh, juste la Vie Réelle™ qui s’interpose…

Plus précisément, disons que j’ai peu à peu réalisé que j’en avais assez de jouer les éditorialistes occasionnelles, surtout dans un contexte aussi exaspérant. Par où commencer? Entre la saga de ceux qui légifèrent sur internet sans y entraver quoi que ce soit, celle d’un gouvernement aux abois qui multiplie les fumigènes avec la bénédiction de journalistes qu’on enverrait bien rempiler sur les bancs de l’école; entre la frilosité des éditeurs français devant le livre électronique (ah, si seulement on pouvait reproduire ce qui marche pour le livre papier!) et le climat général de ce pays où une héritière peut jouer les chefs de parti populiste sans sombrer dans le ridicule… Franchement, parfois, même le ricanement vengeur meurt sur les lèvres, dans un grand soupir d’impuissance.

Bref, commenter l’actualité, même limitée à l’édition, ou aux livrels, ou à internet, ce n’est plus trop ma tasse de thé.

Fatigue et dégoût? Oui, vous pouvez dire ça. Mais pas uniquement (et c’est heureux!): il y a aussi le désir de faire des choses qui échappent, justement, à tous ces sujets d’exaspération. Tiens, reprendre sérieusement l’écriture, par exemple…

Et c’est ma raison numéro 2 pour annoncer que je me mets en vacances de blogue pour une période indéterminée: le temps et l’énergie que je consacrerais à alimenter ce site pourrait être aussi bien (et probablement mieux) utilisé à un peu de création littéraire. Du moins, au genre de création littéraire (certains pourraient arguer que le blogue est un genre littéraire…) qui a un peu de chance de continuer à être lu même après que 99% d’entre nous auront oublié l’écume de l’actualité.

Bref, retour pour moi à la fiction! Je suis sûre qu’il y en a ici qui ne s’en plaindront pas, hmm?

En attendant, lecteurs et lectrices fidèles, ou bien nouveaux/nouvelles venu(e)s, on peut bien entendu toujours accéder aux textes que j’ai déjà mis en ligne, comprenant plusieurs nouvelles et un roman.

Merci, et j’espère à un de ces jours.

Pourquoi il ne faut pas laisser dans les codes les lois obsolètes

Vous avez entendu parler de cette affaire, j’espère? Ces parents qui ont pu faire annuler le mariage de leur fils (qui, à trente ans, devait pourtant se croire adulte…) avec sa fiancée chinoise, en utilisant une loi millésimée de 1803. Vous avez bien le bonjour du Code Napoléon!

«Après avoir accusé Mandy de se marier pour obtenir des papiers, ils l’accusent désormais d’être une espionne au service du gouvernement chinois»

Charmant. J’imagine que cela va jeter un froid pendant le réveillon…

Cela dit, au-delà des relents de vieux racisme (le péril jaune, vous savez…) et d’affaires de famille bien épaisses, il y a une leçon à retenir de cette histoire.

Deux leçons, même. D’une part, que la soi-disant Patrie-des-Droits-de-l’Homme™ ferait bien de balayer devant sa porte en matière de droits humains et de lois scélérates avant d’essayer de faire la morale aux autres. D’accord, en la matière, on fait mieux que, disons, le Pakistan. Mais il faudrait peut-être songer à ne pas s’endormir sur nos petits lauriers, hmm?

D’autre part, c’est encore un cas où un peu de logique aurait permis d’éviter le drame. Et dans ce cas, d’une logique qui devrait crever les yeux du premier écrivain ou storyteller venu.

La logique narrative. Je pense à l’exemple qu’utilise l’écrivain de SF canadien Cory Doctorow pour critiquer les lois « anti-piratage » du genre Hadopi:

Read your Chekhov, people: the gun on the mantelpiece in act one will go off in act three. Allowing the MPAA to get SOC in your set-top box but « never planning on using it » is like buying a freezer full of chocolate ice-cream and never planning on eating it.

Traduction rapide:

« Relisez Tchékov, les gars: le fusil suspendu au-dessus de la cheminée, dans l’acte I, servira à tirer sur quelqu’un dans l’acte III. Permettre à l’industrie du cinéma d’installer un dispositif de contrôle dans votre récepteur télé mais « sans aucune intention de l’utiliser » c’est comme d’acheter tout un freezer de glaces au chocolat « sans aucune intention » de les manger! »

Pour les lois sur le mariage, c’est pareil. Tant qu’elles sont dans les codes, c’est pour qu’on les utilise. Et si on veut éviter les coups de feu, on enlève le fusil de dessus la cheminée.

P.S. Un commentaire m’apprend que Maître Eolas avait fait un billet là-dessus en novembre dernier pour expliciter le contexte juridique de cette loi, mais sans nous apprendre grand-chose sur le fond. (Et sa conclusion me semble un peu courte, pour quelqu’un qui peste régulièrement contre la façon dont les lois sont rédigées…)

Contre le Sarkozistan, un petit Huron… et un gros succès Internet

Il y a un petit livre qui fait des vagues dans la Sarkofrance – ou « Sarkozistan », comme les habitués des éditos de Daniel Schneidermann doivent en avoir l’habitude – et devient mine de rien un succès public malgré le fait qu’il soit publié anonymement et auto-édité grâce à un prestataire uniquement établi sur la place d’Internet, j’ai nommé LePublieur.com.

Mieux: on dirait que les chroniqueurs littéraires en place commencent eux aussi à s’y intéresser! Voir par exemple ce billet de Pierre Assouline sur ces « Souvenirs effarés d’un Huron de retour du Sarkozistan ».

With a little help from my friends… online? Tiens, tiens.

Et il est intéressant qu’un livre qui décortique au scalpel les compromissions, copinages et autres liaisons dangereuses entre pouvoir et médias (sans parler du mélange des genres affaires privées/vie publique, ou intérêts économiques et pouvoir politique…) n’ait pas été publié, par choix de son auteur, chez un éditeur « normal ». Mais que ce soit au réseau, ce seul « ennemi » contre lequel le pouvoir n’ait « pas trouvé de discours convaincant ni de parade efficace » que l’ouvrage ait été confié.

Avec déjà 13000 exemplaires vendus, sans la presse ni les librairies. Vous avez dit alternative? Hmm.

UK police kettling vs the French art of protest march management

Dear UK police chiefs and government officials,

Here’s the thing: you did it all wrong with the student protest marches. Sorry to blow your bubble, but that’s true. You had young people demonstrating peacefully against unpopular measures, with a lot of support from the generation of their parents and grand-parents, and what did you do? Treat them like dangerous rabble, using kettling and other controversial tactics.

That’s not smart.

Now, the consequences are upon you: lots of arrests, lots of anger, and rumors of forbidding more marches in the future. Oops, how undemocratic!

Now, if only you had thought about taking an interest in what goes on here, among the traditional enemy of Merry England – I mean in France. I know, I know, you don’t think much of these froggies and their seemingly permanent state of unrest. Demonstrations every other day, the horror! Talk about hampering the commerce, Maggie.

But you know what? They have evolved sophisticated ways to organize even protest marches. That’s true. It’s all about negotiating the itinerary beforehand and also putting security personnel inside the crowd. Very sneaky, you might think (making the demonstrators cooperate to their own containment? yes, it’s possible), but effective.

And I do mean negotiate. To begin with, demonstrators must always file their proposed route with the local police authority. They, in turn, can suggest modifications (for instance, don’t go too near this or that sensitive landmark). When the proposed route is agreed upon, the marchers are responsible for sticking to it. Everybody knows that if they deviate, the police can and will respond with force. The result is that the organisers of the march put voluntary « security officers » among the marchers, especially at the front, back and flanks, and they have badges or some other easily recognisable sign to distinguish them.

The police also send some plain-clothes personnel among the marchers to watch things closely and report by radio to their uniformed colleagues. Then, if someone somewhere turns violent, there’s generally either a policeman or a voluntary security person nearby, or both, and the incident is quickly handled without disrupting the whole march.

Not a magic bullet, and it needs practice, but it shows that comparatively peaceful alternatives to kettling and charges do exist.

Just thought you might be interested.

Ref.: David Dufresne, author of Maintien de l’ordre, interviewed by Article 11 (in French).

Heureux comme un millionnaire en France?

Il faut croire que notre pays est propice à la ploutoculture: bien que la France ne soit que la 5e économie mondiale, nous nous plaçons au 3e rang pour le nombre de millionnaires, d’après La Tribune, avec 2,2 millions de fortunes à 7 chiffres (calculées en dollars US). Soit 9% du total mondial. Pas mal, vu que la population française représente un peu moins de 1% de la population de la planète!

Dans Le Monde, où je découvre ces infos, on s’intéresse aussi à la répartition de la richesse en Europe:

Selon le Rapport 2010 sur la richesse mondiale de l’Institut de recherche de Crédit Suisse, la richesse par adulte en France a triplé entre 2000 et 2007, avant de refluer de 15 % depuis. […] Si l’Europe fournit 35 % des plus riches, la France fournit un quart de ce contingent.

La Suisse, en revanche, reste n°1 mondial pour la richesse moyenne par adulte. Comme quoi, le tout n’est pas de posséder beaucoup, la répartition aussi compte.

Enfin, en termes d’accumulation de richesses, sachons que 24,4 millions d’individus (soit 0,5 % de la population mondiale) détiennent plus d’un million de dollars de richesse chacun, soit 35,6 % des richesses mondiales. Selon ce critère,  la France, troisième au tableau mondial, la France est  médaille d’or en Europe pour l’accumulation de richesse, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne.

J’imagine que cela ne surprendra pas trop Mme Liliane B…