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Pour rêver un peu: le livrel du futur? Epub 3, tablettes et interactivité.

Un avant-goût de ce que nous réserve l’avenir? Vidéo de démonstration d’un livre électronique interactif au format Epub 3, le très beau Kadath, guide de la cité inconnue, des éditions Mnémos. Une réalisation du studio Walrus (crédits musique: Jiminy Panoz).

Walrus Epub Demo#3 – Kadath from Walrus Books on Vimeo.

Source: ActuaLitté.

Bien sûr, il faudra pour tout cela une tablette (on comprend l’intérêt d’Apple pour l’Epub 3); ou une liseuse de nouvelle génération, capable d’afficher la couleur.

Ah, l’informatique! Même bouquiner devient une question de geeks

Fin (pour le moment)

N’y allons pas par quatre chemins: oui, je sais, cela fait plus d’un mois que ce blogue n’a plus été mis à jour. Et non, hélas (ou tant mieux? c’est selon), il ne sera probablement pas réalimenté de sitôt.

Pourquoi? Oh, juste la Vie Réelle™ qui s’interpose…

Plus précisément, disons que j’ai peu à peu réalisé que j’en avais assez de jouer les éditorialistes occasionnelles, surtout dans un contexte aussi exaspérant. Par où commencer? Entre la saga de ceux qui légifèrent sur internet sans y entraver quoi que ce soit, celle d’un gouvernement aux abois qui multiplie les fumigènes avec la bénédiction de journalistes qu’on enverrait bien rempiler sur les bancs de l’école; entre la frilosité des éditeurs français devant le livre électronique (ah, si seulement on pouvait reproduire ce qui marche pour le livre papier!) et le climat général de ce pays où une héritière peut jouer les chefs de parti populiste sans sombrer dans le ridicule… Franchement, parfois, même le ricanement vengeur meurt sur les lèvres, dans un grand soupir d’impuissance.

Bref, commenter l’actualité, même limitée à l’édition, ou aux livrels, ou à internet, ce n’est plus trop ma tasse de thé.

Fatigue et dégoût? Oui, vous pouvez dire ça. Mais pas uniquement (et c’est heureux!): il y a aussi le désir de faire des choses qui échappent, justement, à tous ces sujets d’exaspération. Tiens, reprendre sérieusement l’écriture, par exemple…

Et c’est ma raison numéro 2 pour annoncer que je me mets en vacances de blogue pour une période indéterminée: le temps et l’énergie que je consacrerais à alimenter ce site pourrait être aussi bien (et probablement mieux) utilisé à un peu de création littéraire. Du moins, au genre de création littéraire (certains pourraient arguer que le blogue est un genre littéraire…) qui a un peu de chance de continuer à être lu même après que 99% d’entre nous auront oublié l’écume de l’actualité.

Bref, retour pour moi à la fiction! Je suis sûre qu’il y en a ici qui ne s’en plaindront pas, hmm?

En attendant, lecteurs et lectrices fidèles, ou bien nouveaux/nouvelles venu(e)s, on peut bien entendu toujours accéder aux textes que j’ai déjà mis en ligne, comprenant plusieurs nouvelles et un roman.

Merci, et j’espère à un de ces jours.

Accros aux catastrophes, les ados? Ou juste réalistes?

Allons bon. Je fais le ménage dans la pile de brouillons du blogue (merci WordPress, au passage – I love you et toute cette sorte de choses), et je tombe sur une ébauche contenant seulement ce touitte:

Pourquoi je l’avais noté?

Zut, alors, je ne me souviens plus… Mais dans l’article, daté du 1er décembre, cela parle de l’édition jeunesse, dont le salon de Montreuil, millésime 2010, venait d’ouvrir ses portes.

On pourra suivre (ou pas) l’avis de la rédactrice, à propos du succès des romans d’anticipation dystopiques chez les jeunes lecteurs. Est-ce vraiment lié à un sentiment d’insécurité dans le monde réel? À l’angoisse de se réveiller un jour dans un contexte de catastrophe planétaire ou de régime totalitaire?

Ou bien cela reflète-t-il surtout leur intérêt pour le monde présent – avec son réchauffement climatique, sa “guerre contre le terrorisme” et son feuilleton Wikileaks inclus?

Voir Cory Doctorow et sa vision de la science-fiction actuelle comme une forme de “présentisme radical”…

Et au fait, est-ce que le succès de ces thèmes dans l’édition jeunesse est particulièrement remarquable? Par rapport aux succès d’édition grand public en général, je veux dire. Car la vogue des zombies et des fictions post-apocalyptiques n’a pas commencé chez les ados, que je sache.

En revanche, l’édition en général est en crise, chez nous comme outre-Atlantique, mais l’un des rares secteurs à plutôt bien s’en tirer est celui des livres pour ados et “jeunes adultes”.

Et à mon avis, c’est plutôt cela qui est remarquable.

Le livre est épuisé… mais l’auteure, pas encore

Petit rappel des épisodes précédents: en 2006 paraissait mon premier roman, L’Héritier du Tigre, aux toutes jeunes éditions du Navire en Pleine Ville.

Les ventes de l’ouvrage ont été honnêtes – pour un premier roman d’une inconnue chez un petit éditeur de province – sans être renversantes; et les avis critiques assez positifs. Le bouquin a même été finaliste du Prix Merlin. (Prix du public en France pour le fantastique et la fantasy.) Tout allait donc plutôt bien quand…

L’éditeur a rencontré des difficultés économiques et, en 2009, a déposé son bilan. Ce sont des choses qui arrivent.

Depuis, le bouquin est bien sûr devenu introuvable en librairie, ou presque si on compte les revendeurs d’occasion et soldeurs. (Une petite recherche parmi les bouquinistes d’AbeBooks révèle quand même trois exemplaires disponibles, dont un vendu au double du prix initial… Bonjour la spéculation.)

Enfin, pour différentes raisons, il est peu probable que je trouve rapidement un autre éditeur pour ce livre. Que faire, que faire? Hmm…

Le republier sur le Net, pardi. Ici même, gratis, et en licence Creative Commons.

Tant qu’à faire.

Il faut dire que c’est quelque chose que j’avais envie de faire depuis le début. Néanmoins, devant la nécessité de trouver un éditeur classique, j’avais dû laisser de côté ces velléités. Qui dit éditeur classique dit cession des droits, et les droits numériques sont par défaut inclus dedans.

Je ne vais pas m’étendre sur le sujet (si on veut approfondir, voir par exemple le diagnostic de Callimaq sur le cas du contrat d’édition, “fossile vivant”…)

Mais dans les circonstances actuelles, je suis libre. Y compris libre de publier le texte sans intermédiaire et sans exiger de contrepartie financière. (Ce qui ne veut pas dire que je renonce totalement à cette possibilité. Ni à l’éventuelle republication sur papier, si d’aventure un éditeur était intéressé. Et si d’aventure vous vous sentiez l’envie de contribuer, voyez le bouton “Flattr”, en haut, dans la colonne de droite.)

Bref, attendez-vous à trouver bientôt sur ce blogue un nouveau feuilleton: les 24 – pardon, 28 – chapitres de L’Héritier du Tigre.

Ce sera mon cadeau de fin d’année, si vous voulez.

P.S. Le début du feuilleton est ici, et là liste des chapitres déjà publiés là-bas.

Lettre à un (plus ou moins) jeune auteur qui cherche un éditeur

Attention, billet d’intérêt public! Je reproduis ci-dessous, légèrement modifié, le texte d’un courriel que j’ai récemment envoyé à un ami qui me demandait si j’avais des conseils pour l’aider à trouver un éditeur, sachant qu’il m’avait présenté l’ouvrage comme “un roman basé sur des éléments autobiographiques”.

* * *

Cher X…,

J’ai lu ton premier chapitre de “[Insérez un titre SVP]“, et voici quelques impressions que j’en tire, en essayant d’être franche mais pas injuste, et, avant tout, constructive.


see more Lolcats and funny pictures

D’abord, j’avoue que c’est un peu difficile de te donner un avis sur la qualité du texte, d’abord parce que c’est juste un court extrait, mais surtout parce que ce n’est pas le genre de roman que je lirais volontiers pour mon plaisir personnel. (Je suis plutôt attirée par des récits d’évasion, genre SF ou thrillers, que par ceux qui sont en prise sur le quotidien.) L’idée de base du roman me semble cependant très intéressante, et tout dépendra de ce que tu en fais au fil des pages.

J’ai en revanche quelques conseils tirés de mon expérience et valables pour tout écrivain qui aborde le monde de l’édition.

1) Même si un roman est basé sur des faits réels, il faut qu’il puisse “fonctionner” en tant que roman, c’est-à-dire en tant qu’œuvre de fiction qui crée son propre univers le temps de la lecture, dans le microcosme défini par les n feuillets du texte. Ou alors, et c’est une autre possibilité, on peut choisir d’écrire un témoignage en tant que tel: en tant que point de vue issu de l’expérience et dont on pense qu’il est utile de le faire partager au public.

Dans le premier cas (roman, récit de fiction), l’auteur prend des personnages, une situation initiale, et en suit le développement là où l’intrigue le mène, même si cela s’éloigne de sa propre expérience. Dans le second cas, évidemment, il faut rester le plus proche de la réalité que possible afin d’en tirer des conclusions éclairantes (quitte à alterner le récit pur et l’analyse critique des faits, comme dans un reportage ou un ouvrage historique). Bref, avant même de songer à trouver un éditeur, l’auteur doit se demander s’il écrit de la fiction ou un document.

2) Je l’ai déjà dit dans mon précédent courriel, mais cela vaut la peine de le répéter: si tu es un auteur inconnu débutant (bref, si c’est un premier livre écrit par quelqu’un d’autre qu’une célébrité), n’envoie de manuscrit à l’éditeur que quand tu es satisfait de ton texte et penses que tu ne peux plus l’améliorer.

La question “est-ce que le thème leur plaira” est, à ce stade, secondaire: il y a en France plus d’un millier d’éditeurs, sans parler de la possibilité, en cette époque d’édition numérique, de s’autoéditer de façon simple, efficace et peu onéreuse). Il est donc toujours possible pour l’auteur de rencontrer l’éditeur qui saura tirer parti du texte, et pour le texte, de rencontrer un public. (Ce ne sera peut-être pas un grand éditeur ni un très vaste public, mais c’est là un autre problème…)

Donc, tu as parfaitement raison en confiant ton texte à une amie qui peut le relire et t’aider à l’améliorer. (C’est ce qu’on appelle souvent “bêta-lecture”, par comparaison avec les bêta-testeurs de logiciels.)

3) Petit bémol: le conseil précédent vaut surtout pour les œuvres de fiction. S’il s’agit d’un témoignage, document, pamphlet ou essai, il est parfaitement possible de démarcher un éditeur à partir d’un synopsis et d’un extrait (disons, les deux ou trois premiers chapitres).

Pour une raison très simple, à mon peu humble avis: il est plus facile à un éditeur de vendre au public (et aux médias) un “témoignage vécu” qu’un roman écrit par un inconnu. Le témoignage, document ou reportage est plus facile à accepter pour le lecteur, puisque ça parle de la “réalité”, que le lecteur supposera être “sa” réalité. (“Parlez-moi de moi” est un grand principe de l’édition et du journalisme, et non sans raison: ça marche!)

Tandis qu’un roman part avec le handicap de devoir se “justifier” d’exister grâce au plaisir qu’il doit procurer au lecteur. Attention, je ne dis pas ça pour conseiller l’un ou l’autre mode d’expression: cela dépend avant tout de toi, de ce que tu sens et désires réaliser avec ce bouquin.

4) Au moment de commencer à démarcher les éditeurs, il y a une règle d’or: se demander quels éditeurs publient déjà des livres proches de celui que tu as écrit, et les démarcher en priorité.

Cela implique évidemment de connaître les éditeurs, ne serait-ce qu’en consacrant du temps à l’actualité de l’édition dans les journaux, magazines, à la télé, etc. Non seulement dans les médias que tu suis habituellement, mais aussi en allant à la bibliothèque consulter d’autres journaux et magazines, y compris les revues spécialisées (Le Magazine littéraire, Le Magazine des Livres, Lire, La Revue littéraire, Transfuge, Books, Le Matricule des anges… des titres cités en vrac, mais peu importe, c’est la “veille éditoriale” qui compte) et en regardant de près les rayons des librairies pour voir quelles sont les nouveautés et qui les publie.

Sans oublier évidemment les ressources d’Internet, pour en savoir plus sur un éditeur en googlant son nom, en suivant leur actualité sur Facebook et Twitter…  Cela donne une idée non seulement de ce que font les éditeurs, mais aussi de la façon dont ils communiquent, bref, leur style. Et bien sûr, un auteur averti en vaut deux…

Voilà, c’était l’essentiel de ce que j’avais à dire. J’espère que cela te sera utile, et surtout, je te souhaite de réussir à terminer ton bouquin à ta satisfaction et à le publier sans encombre. Bref, bon courage pour persévérer dans la voie que tu as choisie.

Bien à toi,

Irène