Archives quotidiennes : 30 août 2010

Images sociologiques: les mangas, l’Occident et «l’être humain par défaut»

C’est un tweet d’André Gunthert (Culture visuelle) qui évoque une question pleine d’intérêt – et révélatrice des non-dits qui font une culture commune:

@gunthert: Sociological Images: Why do the Japanese Draw Themselves as White? http://icio.us/e5us0y

Le lien pointe vers  un billet du blogue américain Sociological Images (Images sociologiques): pourquoi les Japonais se dessinent eux-mêmes comme blancs (dans les mangas et animes)? Ou plutôt, pourquoi nous, Occidentaux, percevons les personnages japonais de mangas comme blancs?

Sauf que Lisa Wade, l’auteure de l’article, Julian Abagond, le blogueur invité, explique qu’il n’en est rien. La façon dont les Japonais se dessinent eux-mêmes est différente de la façon dont ils dessinent les Européens, les Américains blancs et autres personnes d’ascendance européenne. Ils représentent les deux groupes avec une peau claire, mais donnent aux Japonais de grands yeux ronds et un petit nez, tandis que les Occidentaux ont un grand nez et des yeux plus petits et rectangulaires.

Ce que font les artistes de manga, c’est dessiner leur version de l’être humain par défaut.

(N.B. Un phénomène que j’avais déjà abordé dans un précédent billet.)

Explication:

If I draw a stick figure, most Americans will assume that it is a white man. Because to them that is the Default Human Being. For them to think it is a woman I have to add a dress or long hair; for Asian, I have to add slanted eyes; for black, I add kinky hair or brown skin. Etc.

«Si je dessine un bonhomme allumette, la plupart des Américains supposeront qu’il s’agit d’un Blanc, parce que pour eux, c’est l’être humain par défaut. Pour qu’ils pensent qu’il s’agit d’une femme, je rajouterais une jupe ou des cheveux longs; pour un Asiatique, je lui donnerais des yeux bridés; pour un Noir, des cheveux frisés ou une peau foncée, etc.»

Bref, si on ne précise pas, la plupart des Blancs, devant une figure humanoïde sans marqueur ethnique particulier, la verront automatiquement (au moins dans un premier temps) comme blanche aussi.

Pensons, continue-elle, à Marge Simpson, qui dans le dessin animé a la peau jaune et arbore une coiffure afro bleue! Mais on la perçoit comme «blanche», c’est-à-dire d’ascendance européenne – parce que c’est la version de l’être humain par défaut dans la culture occidentale.

Et pour les Japonais? Ils font de même, mais leur réflexe mental, devant un bonhomme allumette ou toute autre représentation humaine sans marqueur ethnique précis, est de voir là un personnage japonais.

Ce n’est pas seulement que «Chacun voit midi à sa porte et l’heure à son clocher»; cela va plus loin: chacun repeint le monde à ses propres couleurs.

L’extérieur de… quoi?!

On dirait que cela prête à confusion, si j’en crois les mots-clefs qui font atterrir sur ce blogue… Mais bon, qu’à cela ne tienne.

Le titre de ce blogue, «L’Extérieur de l’Asile», est tiré d’un roman de Douglas Adams (pour ceux qui veulent tout savoir: c’est Salut et encore merci pour le poisson, le quatrième de la série dite du «Routard galactique», alias H2G2) où un personnage appelle sa maison «l’extérieur de l’asile», d’ailleurs organisée de façon à ce que le papier peint soit à l’extérieur et les briques à l’intérieur.

Pourquoi? Mais, c’est bien simple: avec un asile, les aliénés sont à l’intérieur, et les gens sensés à l’extérieur. La demeure de l’individu sensé est donc, logiquement, à l’extérieur de l’asile.

(Précédente parution le 10/02/2010.)

Ces créatures peuvent atteindre des tailles impressionnantes

Je veux parler des platanes, bien sûr. Il y en a un, dans les jardins Caillebotte de Yerres (Essone) qui ne se prend pas pour la moitié d’une queue de cerise.

Aparté

Du nouveau sur le blogue: L’Extérieur de l’Asile fait peau neuve. Bye, bye, Twenty Ten, bonjour Coraline!  Et en plus de la nouvelle mise en page, il y a diverses nouveautés, à découvrir au fur et à mesure. Profitez-en bien.